"Ce n’est pas le moment:

tu es confiné, tu n’as pas trop le moral et tu as ces grandes bâches noires !"

 

" C’est la fenêtre de la cuisine. C’est aussi la salle. Mais en fait, j’ai une grande pièce de vie avec plein de fenêtres partout.
Quand je suis sur mon canapé, à l’endroit où j’aime bien être, c’est ce que je vois. Il y a ce talus et mes fleurs. La fenêtre est orientée au nord, mais ça ne me gêne pas du tout. La pièce est très lumineuse. Ma pièce doit faire 26 m², la porte d’entrée est vitrée, il y a 3 porte-fenêtres et 1 fenêtre !
Après le talus, il y a une route mais je ne la vois pas, il n’y a que le cultivateur qui passe avec ses grosse machines. Je ne vois pas mes voisins, mais je les entends, un peu.
Il y a les oiseaux, les arbres. J’entends le vent, en Bretagne on a souvent du vent. Maintenant, il y a plein de feuillage, des nids de rouges-gorges qui vont revenir l’été prochain.


Quand je regarde par la fenêtre, c’est des moments où je vais réfléchir. J’aime bien ce calme. Ça ne me stresse pas. Ça me fait plutôt du bien. Après, si je veux du bruit je mets de la musique !


J’ai eu une petite contrariété au début du confinement. Ma voisine en face, que je ne vois jamais, a mis des bâches noires sur son grillage ; alors après ma cour, ma terrasse, ma clôture bleue, il y a la route et ces grandes bâches, ce n’est pas le moment: tu es confiné, tu n’as pas trop le moral et tu as ces grandes bâches noires !
Alors, je tourne la tête de l’autre côté et j’ai ce talus avec ces petites fleurs.
Ce qui est long avec le confinement, c’est de ne pas savoir quand ça va s’arrêter. Et l’angoisse de ce monde qui s’écroule. Des fois, je pense à toute vitesse, et je me dis que ce n’est pas possible, que ce n’est pas la réalité. Le plus difficile c’est l’angoisse pour ses proches je crois."

Myriam, Trégunc, Rue des Chevreuils.

le 28 mars