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"En ce moment, on attend les hirondelles et les martinets qui reviennent tous les ans."

"  C’est la chambre de mes petites-filles, au premier étage de ma maison. J’y vais souvent. Elle est en plein soleil. Je m’y installe. J’ouvre la fenêtre, je me mets au soleil sur la chaise longue. Je lis, parfois, je me fais un plateau déjeuner, j’ouvre la fenêtre en grand. Je mets ma casquette et mes lunettes de soleil, c’est un goût de vacances. Il n’y a pas de téléphone. Je prends du recul. C’est une pièce qui n’est pas encore chaleureuse, j’avais commencé à détapisser les murs, j’ai perdu mon mari et j’ai tout laissé aller.

C’est mon nid d’aigle. J’aime cette vue profonde. Moi, il faut qu’il y ait de l’espace autour de moi. J’aime tout ce qui est désertique. C’est comme la mer, j’aime bien voir l’horizon. Ça me désangoisse, ça me repose parce que l’espace est grand, je me sens un peu dans un autre monde. Il y a l’air, le soleil, le monde m’appartient.

J’entends habituellement les oiseaux, les chevaux, les enfants qui jouent au vélo. En ce moment, c’est trop silencieux pour moi… Et les oiseaux ne veulent pas discuter… pas sympas.

L’été, ça sent la lavande et l’herbe coupée. Au printemps, il n’y a que des cerisiers-fleurs. C’est une impression de ralenti, de bien-être. On se balade sous les cerisiers, ça tombe un peu.

En ce moment, on attend les hirondelles et les martinets qui reviennent tous les ans. Avec mon mari on les comptait pour une association. C’était notre passion à tous les deux. Ça le reste pour moi, depuis toute petite : je faisais la vaisselle avec une paire de jumelles à côté ! Pour moi, les oiseaux, c’est la liberté d’aller et venir, sans voiture, ni mur. Je me dis qu’un jour, dans une autre vie, je serai un martinet. Il vole tout le temps, jamais perché. La martinet a des pattes courtes et des ailes très longues. Par contre, il ne faut pas qu’il tombe... "

 

Sylvie, Le Havre, Montgaillard.

le 24 mars