"En Syrie, on se protégeait d’un virus humain. Ce n’est pas la même peur."

" C’est la fenêtre de ma chambre. Je vois la rue. En temps normal, il y a des personnes, des gens qui bougent, maintenant, il n’y a rien du tout. Je me mets à cette fenêtre le matin ou le soir.
La nuit, c’est le silence et j’aime bien.

On voit en dessous une sorte de béton avec d’énormes cailloux, je n’aime pas du tout cet endroit. Ma fille est tombée 3 fois là-dessus. Moi, j’aurais mis des fleurs, tout ça.

J’ai déjà été confinée en Syrie, je ne pouvais pas sortir.
Il n’y avait pas de gaz, pas d’électricité pas de téléphone et ça a duré plus de 2 mois.

En Syrie, on se protégeait d’un virus humain. Ce n’est pas la même peur. En Syrie, tout le monde avait peur. Ici, personne n’a vraiment peur.
Cette guerre en France, elle est là pour protéger le peuple. En Syrie, elle était là pour éliminer le peuple.
Alors, bien sûr, ce n’est pas vraiment la guerre. Mais des gens se battent pour sauver des vies.

Je me tiens debout à cette fenêtre. Je regarde. La nuit, le bus passe. Maintenant, c’est trop silencieux. Je n’aime pas cette ambiance. Sauf une chose… il y a toujours une musique très pénible quelque part. Là, il n’y a plus de musique. C’est calme." 

 

Ulfat, Le Havre, rue Jean Cocteau.

le 21 mars