"En fait, cette fenêtre, c’est rare que je regarde à travers, c’est plus un passage entre chez moi et le dehors."

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"C’est la fenêtre de la salle, une grande baie vitrée, la seule grande fenêtre que j’ai... 2m50! Moi, je suis amoureuse de mon jardin, de ma maison de ville toute colorée. Je n’ai pas de pelouse, j’ai mon ciment. Je suis amoureuse parce que j’ai mes couleurs. C’est tranquille.
Je suis dehors, on n’entend rien. D’habitude j’ai un couple de goélands qui arrive avec le printemps, mais là, ils sont en retard. Ça fait 18 ans que je suis là, 18 ans qu’ils viennent, ils font des bébés.
Je suis amoureuse de mon jardin, parce que j’aime la chaleur du soleil, ça chauffe la maison et ça me chauffe moi. J’aime le matin au lever, voir le soleil, savoir s’il va faire beau ou non. C’est ma météo. La lumière est chaleureuse, éblouissante.

Avec le confinement, ça ne change pas grand-chose, si ce n’est que je ne peux pas franchir la porte du fond pour sortir dans la rue. Mais je reste là, protégée, à l’abri des regards, personne ne sait que je suis là. J’aime être dans le cocooning de chez moi, avec mes enfants. Ils me manquent.

Je travaille encore, je suis infirmière à l’hôpital Pierre Janet. Alors, j’ai la possibilité de sortir, je ne sais pas comment ce serait si j’étais obligée de rester chez moi.

En fait, cette fenêtre, c’est rare que je regarde à travers, c’est plus un passage entre chez moi et le dehors. Dans ma salle, je regarde la télé, mais je ne regarde pas particulièrement par la fenêtre, sauf l’hiver. Et là, souvent, je me dis : « Quel temps de merde ! ». Le jardin est en friche, je n’aime pas ! Je suis souvent pensive quand je regarde ce jardin, c’est surtout des questions sur l’aménagement : est ce que je casse pour faire un patio? Est ce que j’aménage un coin cocooning? Mon fils a grandi dans cette maison. C’est lui qui la récupérera quand je ne serai plus là. Je suis contente de ça."

Isabelle, Le havre, quartier de l'Eure.

le 17 mars