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"En fait, cette fenêtre, c’est rare que je regarde à travers, c’est plus un passage entre chez moi et le dehors."

"C’est la fenêtre de la cuisine/salle, celle à laquelle je prends le café du matin, je prends la première tasse et j’attends que le reste coule. J’allume le poêle, comme je galère, ça sent la fumée, j’ouvre cette fenêtre et je chauffe la rue pendant 30 minutes... Ma fille est réveillée, on se réveille ensemble.
Je regarde si je vois des animaux : des hérissons, des furets, une biche une fois… je ne sais pas d’où elles viennent, il doit y avoir une zone de création de biches dans le coin !

Cette vue donne sur la vallée, parfois il y a des nappes de brouillard, on a l’impression d’être en hauteur, comme à la montagne, alors qu’on est en bord de mer...

C’est aussi une vue qui me ramène en arrière. Au décès de mon père, on s’est retrouvé dans cette maison, toute la famille proche. Nous, on rentrait de Colombie, ce n’était pas vraiment prévu et ma belle-famille nous a mis cette maison à disposition. On s’y est tous retrouvés. Et à cette fenêtre, c’est vrai que je pense souvent à ce moment.

Quand je l’ouvre, j’entends la mer et puis les oiseaux, les mouettes, les goélands.
On n’entend plus les voitures en ce moment. On a l’impression d’être isolé. C’est agréable, pas du tout anxiogène. Ce qui l’est davantage, c’est la télé ! N’importe quelle chaîne, ils ne parlent que de ça. En fait, il y a peu de nouvelles informations, il y a beaucoup moins d’actualité, il n’y a plus de manifs, plus de gilets jaunes, plus de concerts, il faut meubler le temps. Je trouve que c’est angoissant que les gens n’entendent que ça"

 

 

 

 

 

David, Pourville-sur-Mer.

le 24 mars