"Quand tu as un horizon, c’est bien d’avoir un point de repère quelque chose qui donne de la profondeur à ton regard."

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"C’est la fenêtre de la salle, la fenêtre du bout de la pièce. Je vois la Tour de l’Hôtel de ville et tous les matins, je regarde le drapeau pour voir comment est le vent. Je l’entends claquer. Mon grand-père passait beaucoup de temps à sa fenêtre. Il observait le changement de drapeau, je pense que cette habitude vient de lui.

J’aime la Tour de l’Hôtel de ville. J’ai découvert que c’était un campanile, une déclinaison de l’architecture italienne. Quand tu as un horizon, c’est bien d’avoir un point de repère, quelque chose qui donne de la profondeur à ton regard. J’aime aussi les fenêtres en face de moi et observer comment les gens habitent le dehors... Passé 20h, je suis rassurée, je vois qu’il y a encore des gens.

Au premier plan, c’est le parking Coty, il paraît à l’abandon. Jusque dans les années 70, c’était le Marché Thiers ici. Et top du modernisme, on pouvait tirer de l’argent à la société générale, sans sortir de sa voiture !

Il y a quelque chose que je n’aime pas du tout, ce sont les deux caméras posées sur le lampadaire, elles m’emmerdent vraiment ! Je me dis qu’elles peuvent très bien rentrer chez moi. En fait, personne ne vérifie ce qu’elles captent vraiment!

Cette fenêtre, j’y vais pour réfléchir, trouver des idées, rêver, voir le ciel. A côté, il y a une fenêtre avec un balcon, c’est le balcon de la cigarette et en ce moment des applaudissements à 20h. Même si je sais que ça ne suffit pas, ça rapproche les gens.

La lumière est souvent chaude, oblique, jamais directe, elle tape sur les immeubles d’en face et elle arrive sur nous en se réfléchissant. Parfois les immeubles passent du gris au jaune, à l’orangé. C’est très beau. Quand on a emménagé, on a choisi cet appartement pour la lumière et la vue dégagée. C’est une respiration. Ça ouvre. J’aurais du mal à vivre avec une vue sur un mur.

Habituellement, on entend beaucoup les voitures, c’est la rue qui monte en ville haute. Tu vis au rythme du bureau. En ce moment, c’est dimanche tous les jours, il y a le bruit des conteneurs, des poubelles, les ambulances, les pompiers, la police."

 

Stéphanie, le Havre, rue du docteur Vigné.

le 24 mars