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"Mon nouvel écran c’est ma fenêtre."

" C’est la fenêtre de ma chambre. Quand je me réveille, mon premier geste, c’est d’ouvrir la fenêtre et de retourner sous ma couette. Je peux y rester une heure. Je me sens libre. 

 

Globalement, je vais plus à la fenêtre. Le matin, je prends mon thé à la fenêtre, j’ai du temps, pas de mail, internet en bas débit ... Mon nouvel écran c’est ma fenêtre.

J’ai emménagé deux semaines avant le confinement. Avant, j’étais en bord de mer… belle vue, mais je me sentais continuellement confrontée aux éléments : la pluie, les rafales de vent, le bruit des voitures, le bruit des voisins... J’avais l’impression d’être dans un trop : trop vite, trop de bruit, trop de monde, trop de sorties. Mon appart’, c’était un lieu de passage. 

 

Là, je m’ancre, je trouve une distance avec l’extérieur. Avoir cet œil sur l’extérieur, contempler, sans vouloir agir… tout ça, c’est lié au confinement, sinon, j’aurais continué sur le même rythme.

Je me sens protégée. Cet appartement, je le découvre, c’est comme un cocon, je m’y sens vraiment bien. L’orientation nord, c’est un détail hyper important que je n’avais pas pris en compte. Je n’ai jamais le soleil qui tape à l’intérieur de chez moi. Ça manque le côté réchauffant et réconfortant. A moi de le créer dans mon appartement, de trouver en moi la chaleur. Ma fenêtre est très haute, alors ça donne de la lumière. Et je suis toujours tournée vers la lumière… très métaphorique...

 

On a un jardin collectif. Pour l’instant, je suis seule à y aller, j’ai fait des plantations aromatiques. J’ai fabriqué une mangeoire pour les oiseaux, j’avais mis des graines de tournesol, aucun n’est venu… je ne sais pas comment leur signifier qu’il y a quelque chose de bon pour eux. Les entendre et regarder la nature, ça me relie à mon grand-père. Il adorait regarder les oiseaux, assis sur un banc, devant sa maison.

 

De mon lit, je vois le ciel, les oiseaux, les arbres, un peu les façades. D’ailleurs j’ai vu le voisin ce matin, il était torse nu… c’était sympa. Je l’avais déjà vu le soir, mais juste des ombres.

Les fenêtres, c’est aussi un endroit d’où on regarde chez les gens. D’ailleurs, je danse parfois chez moi, je me demande ce que les voisins se disent… "

Anna, le Havre, rue Joseph Morlent.

le 26 mars