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"Ce que je préfère voir : comment mes chats profitent de la vue. "

" C’est la fenêtre de ma chambre. Un jour, j’ai ouvert le volet et j’ai vu cette petite maison, je ne sais pas qui l’a mise ! Ça me fait penser aux maisons de poupées.
J’ai bien aimé aussi que mon chat s’installe là quand j’ai pris la photo. C’est ce que je préfère voir : comment mes chats profitent de la vue. Eux ils sont tout le temps confinés.

Dans la salle, j’ai la même vue, mais … c’est trop le bordel. A l’extérieur, j’ai des petits bibelots cassés, parce que je ne veux pas les jeter, alors je les ai mis là. Ça me fait penser à Rome, un guide répondait à la question d’un enfant : « Pourquoi les statues n’ont pas de tête ou pas de bras ? » « Quand on les déterre, parfois elles sont comme ça. » Mes bibelots cassés ce sont mes statues à moi. J’ai des statues africaines, une geisha, une Cléopâtre et j’ai mes oignons qui vont pousser ! C’est un bordel particulier. Toutes ont une tête mais il leur manque une petite main, un petit bras…

J’aime bien la vue de cette fenêtre, surtout la maison jaune. Elle a été à vendre. Je jouais au loto et je me disais que j’achèterais cette maison, comme ça le déménagement n’aurait pas été galère.
De cette maison, tu vois la mer au loin je pense et c’est mon rêve de m’élever, de voir la mer, d’avoir la lumière et de voir partir les bateaux pour le Mexique.
Mais en fait, le plus souvent, ce sont les chats qui regardent. Dès que j’ai ouvert les volets pour voir la vue, ils ont sauté sur le bord. Je n’ouvre pas toujours les volets, nous, on est un peu comme des vampires, on dort le jour. Et la nuit, la vue est romantique, il y a ces lampadaires, allumés, ils sont mystérieux.

Il y a un lierre rouge, ça me fait penser que c’est mon jardin.
Quand j’étais au Mexique, il y avait derrière chez moi un arbre comme celui-là. J’étais dans la chambre aussi, dans mon lit, j’aimais regarder cet arbre, j’imaginais les oiseaux, la verdure… et là, c’est carrément la verdure, la pelouse, tout ça pour moi !
C’est formidable d’habiter au rez de chaussée, je n’ai pas à monter les escaliers ! Au Mexique, on a horreur de monter les escaliers, on veut tous vivre au rez de chaussée.

Le confinement, ça ne change pas trop mes habitudes.
J’ai vu des blagues tourner : « Quand tu te rends compte que ton style de vie s’appelle « quarantaine » ! Et bien, c’est moi! J’ai toujours des trucs dans ma tête, ça me suffit.
J’ai commencé à lire un livre que j’avais acheté il y a des années, il était difficile à comprendre, mais là, je me suis dit que j’avais toute la vie devant moi pour le lire. "

 

 

 

Salomé, Le havre, rue Jean Villard.

le 24 mars