"J’aime bien préparer cette fenêtre : on dépose nos bougies, nos petits objets, notre petite café, quand on regarde notre film, tout est à côté de nous comme ça."

« C’est le velux de la salle. Le principal de notre temps se passe dans cette pièce. J’aime bien préparer cette fenêtre : on dépose nos bougies, nos petits objets, notre petite café, quand on regarde notre film, tout est à côté de nous comme ça. Il y a aussi un sac avec la nourriture du lapin.

Les bougies, on les allume tous les soirs. C’est apaisant, chaleureux. En plus, ce sont des bougies parfumées : monoï, vanille, barbe à papa. C’est surtout pendant le film qu’on fait ça. Pendant le repas, on met juste une petite lumière, une lampe de chevet. On n’aime pas trop éclairer le soir, à cause du vis à vis, même s’il est loin.

L’été ça tape bien. Le soleil se couche juste en face. Quand je regarde, mon regard se porte loin, vers Bléville et même au-delà, vers le ciel. Le ciel est changeant, les couchers de soleil sont très différents. Les couleurs changent, tous les jours. Je pars de bonne heure, le matin, ce n’est pas la même couleur que le soir quand je rentre.

Le plus souvent, je m’y mets le matin, je me lève, je regarde ce qui se passe. Et le soir, au moment du coucher du soleil… ça donne l’impression de partir en vacances.

En ce moment, ma belle-fille m’appelle : « Regarde, c’est la « Petite lune », on l’a juste en face de notre fenêtre. Ici, il y a tout le temps du vent et puis il peut y avoir les odeurs de cuisine des voisins. Avec le confinement, on regarde davantage chez les voisins. Il y en a qu’on ne voyait jamais ; ça permet de faire connaissance. Je parle surtout des applaudissements de 20h. On se retrouve. On avait une voisine avec laquelle on ne parlait pas. Depuis le confinement, on échange de porte à porte. Je crois que les gens ont plus de temps.

J’aime bien cette vue, en hauteur. Dans un immeuble, c’est une vie en communauté, après, on aimerait avoir un jardin. Il y a des logements au rez de chaussée qui ont 10m² de jardin. Mais je préfère ne pas en avoir. Pour moi, l’appartement c’est sans jardin et la maison c’est avec le jardin. Je n’ai pas envie qu’on me voit dans mon jardin.
Ce qui me manque, c’est l’intimité. Je côtoie très facilement les gens, mais j’ai besoin de mon intimité et j’ai besoin de ne pas voir les gens, de ne pas les voir chez eux. Les gens, ils ne ferment pas systématiquement leurs volets, leurs rideaux. Ils n’ont pas forcément envie, ils n’y pensent pas, alors on voit chez eux. A nous, l’obscurité nous va bien, c’est synonyme de calme.»

Morgan, Le Havre rue Tristan Bernard.    

Le 26 mars