"Découvrir ce marronnier en période de confinement, c’est rassurant, c’est un repère par rapport au temps"

« C’est la fenêtre du salon.
Il y a un coin bureau que je n’utilise pas d’habitude parce que je suis au travail. C’est le bureau de mon mari qui est photographe... j’ai envahi son espace vital. Le matin, je me mets dans la cuisine, et quand j’arrive à ce bureau l’après midi, je vois ce marronnier coincé entre deux toits. J’ai réalisé aujourd’hui que c’était un marronnier ! Avec de longues feuilles en étoiles. Là, elles sont encore toute petites, je les regarde pousser. Je me suis rendue compte que je ne m’étais jamais assise ici avant le confinement.

J’ai un autre ordinateur nomade avec lequel je me balade dans l’appartement en temps normal, alors cette vue je la découvre.
Je découvre également le fait de travailler dans ma cuisine, c’est une cuisine-entrée. J’aime bien travailler dans la cuisine, je prépare mon thé. C’est une endroit un peu isolé, ça m’aide à me concentrer. Si je réfléchis à mes anciens appartements, souvent la cuisine était séparée, je préfère, c’est ton coin à toi, tu peux t’isoler, réfléchir, je pense que c’est ma pièce préférée, il y a ma radio, pas de télé.

La vue dégagée, on l’observe depuis des mois et là, de découvrir ce marronnier en période de confinement, c’est rassurant, c’est un repère par rapport au temps. Au loin, c’est fixe, du bâti, toujours pareil. Là, le marronnier, on voit le temps qui passe.

On est dans un quartier exceptionnellement calme, très peu de voitures, on commence à entendre les oiseaux, particulièrement agaçants, mon chat a tiqué lui aussi. Et à 20h, on entend les applaudissements, les voisins qui jouent de la guitare et qui chantent.
J’entends les cloches... on est à Rouen...

 

Le confinement, c’est gênant de ne pas être libre de bouger, de vaquer à ses loisirs parce que le travail, je peux travailler de la maison. C’est aussi une occasion de prendre le temps de faire des lectures, de regarder des conférences, de se documenter. J’ai l’impression de travailler autrement. Finalement, ça fait partie du travail, peut-être que je négligeais cet aspect. On a la chance d’avoir une exposition à la Maison de l’architecture sur l’avenir du monde habité, je trouve ça passionnant. Plus je lis, plus ça m’amène sur d’autres choses. Je n’ai qu’une envie c’est de redécouvrir cette exposition. Quand on va rouvrir, on aura plein de choses à dire au public pour mieux le guider. J’ai hâte. » Marion

Marion, rue Poussin, Rouen.

le 8 avril