"Là, je vois une dame qui marche en tournant en rond."

« C’est la fenêtre de la salle. Ça fait 44 ans qu’on habite ici. Le stade était en cours de construction quand on est arrivé. Sur la gauche, on voit le centre équestre, mais il a déménagé. C’est dommage.

Toutes mes fenêtres donnent de ce côté. Il y en a une que je n’ouvre pas, c’est celle du salon parce qu’il y a des bonsaïs. On aime beaucoup les bonsaïs avec mon mari. »

 

Sur le stade, hier après midi, on a eu un peu de mouvement, les gens en appartements viennent faire leur petit tour autour de la piste. Là, je vois une dame qui marche en tournant en rond.

 

Le stade, c’est un peu le cœur du quartier. Les écoles, les clubs et même les gens du quartier viennent ici. Ça, c’est quelque chose de très bien, le stade est ouvert à toute la population du quartier : si je veux, je peux très bien enfiler ma paire de baskets : ça m’arrive quelque fois d’aller marcher; à mon âge, courir non, mais marcher oui. Il y a beaucoup d’équipes de foot, les joueurs de pétanque un peu plus loin, des mamans avec les poussettes, les enfants.

 

Habituellement, on entend beaucoup le bruit des ballons. On a deux terrains de basket juste en dessous, on entend aussi les cris des enfants pendant les compétitions. L’été, quelques fois, on a le bruit de jeunes petits voyous qui font pétouiller leur moto. C’est vraiment bien de ne pas avoir le bruit des voitures, même si en ce moment, je rêverais de faire un tour de voiture en ville.

 

Devant chez nous, il y a une rangée d’arbres, ils sont plantés sur nos garages. On les a vus grandir, on a des pins, des bouleaux, ils n’ont pas encore leurs feuilles, mais ça ne va pas tarder. On se croirait en pleine campagne ici. Comme quoi… le Montgaillard n’a pas que du mauvais ! J’aime mon quartier, je le connais bien, et je participe.

 

Le confinement, pour mon mari, le plus dur c’est de ne pas pouvoir aller voir son jardin ouvrier, normalement, il y est tous les jours. Moi, ce que je n’aime pas c’est de ne pas pouvoir faire ce que je veux, aller là où je veux : voir les copines, aller se balader...

 

Il y a l’odeur de l’herbe, les oiseaux ont apporté des graines de colza, ça fleurit tout jaune…. En plus je suis allergique au colza. On sent presque l’air pur.

De mes fenêtres, j’ai vraiment l’impression d’être à la campagne. »

 

 

Justine, Le Havre, avenue du Mont Gaillard

le 4 avril