"Les enfants qui se mettent tout le temps à la fenêtre..."

« Le confinement, c’est fatigant, surtout avec les enfants. Pour moi qui sortais beaucoup, c’est difficile. Les enfants se mettent tout le temps à la fenêtre et disent bonjour aux gens... qui ne les voient pas.

 

Moi, je suis à la fenêtre de mon salon, assise. J’habite rue Hélène, devant l’ancien commissariat. Ma fenêtre de salon est braquée sur lui. Pour l’instant, malheureusement, il n’y a rien à voir, aucune animation, les fenêtres sont fermées. C’est triste.

Si je me mets debout, je vois une personne, parfois une autre avec son chien…

Même le ciel est triste. Il est bleu, le soleil brille, mais il ne voit plus rien bouger. Personne ne profite de lui.

 

J’ouvre parfois, je reste debout à regarder, regarder, regarder. Je n’en peux plus de regarder !

On a installé une table basse devant cette fenêtre, contre le mur, pour que les enfants puissent regarder dehors, sinon elle est trop haute pour eux. Dès que j’ouvre les volets, ils se précipitent pour regarder dehors. Avant le confinement, ils n’allaient jamais à la fenêtre. Là, ils ne sortent pas alors c’est plus difficile.

 

Il y a des goélands qui font "hip hip hip", et sinon une poubelle remplie à ras bord, qui déborde. Ce n’est pas agréable... et toutes les voitures garées.

C’est silencieux, j’entends le tram qui passe; avant j’avais un voisin qui mettait la musique, mais je ne l’entends plus trop.

 

Hier après-midi, après avoir mangé, j’ai retiré la table et je suis restée avec le soleil qui tapait sur moi. Il me tapait, mais c’était tellement bon. Je sentais le vent dans la pièce, je profitais un peu de ce soleil. Le soleil dans la maison, c’est bon, c’est ce qu’on dit au Sénégal, on dit que le soleil tue les microbes !

 

Les fenêtres au Sénégal sont différentes. Maintenant, avec les nouvelles maisons, ça ressemble, mais avant, il n’y avait pas de vitre, c’était un tour en bois, avec un crochet. A 19h00, s’il fait nuit, les mamas se lèvent et mettent des produits anti moustiques, ferment la porte, tous les enfants sont dans la cour. Lorsque les moustiques sortent ou meurent alors, les enfants peuvent entrer et dormir. »

 

 

Denise, rue Hélène, Le Havre

le 23 avril