"Ce confinement, ça va permettre d'observer sur du temps long"

«C’est la fenêtre de l’appartement.
J’y habite avec mon copain. On a un velux et ça c’est la grande fenêtre. Il y a un torrent avec une passerelle juste en bas, beaucoup de gens se baladent, font de l’exercice, promènent leur chien.

La fenêtre, je la regarde le plus souvent pour voir ce qui se passe. En ce moment, avec les pauses du télétravail, c’est encore plus. Sinon je fais du vélo d’intérieur, je me mets à proximité de la fenêtre et mon regard alterne entre l’application sur la télé, un paysage virtuel, et la fenêtre.
Il fait beau, les platanes, les cerisiers ont leur feuilles. C’est une saison que j’aime, on peut davantage observer l’évolution. Ce confinement, ça va permettre d’observer sur le temps long.
Plus loin, il y a la montagne, c’est ce qui me manque le plus, de ne pas marcher. Le paysage, l’ambiance de nature, ça apaise et la récompense d’arriver en haut d’un sommet. Le printemps et l’automne, c’est là que je préfère la vue. Et puis, en fonction de la journée, l’après-midi par exemple, c’est moins brumeux, les couleurs changent : c’est doré, rosé parfois.

Dans le jardin, il y a une dame, âgée. Elle jardine, fait son yoga. Il y a une chaise à proximité de l’arbre, elle se pose là. J’aime bien la regarder. Ça me donne envie, j’aimerais avoir un potager. La voir jardiner, c’est aussi l’enfance.
Elle est dans son petit espace, avec l’arbre en fleurs, ça fait un petit cocon, une ambiance paisible.

Je télé-travaille, architecte-urbaniste. J’ai plus de facilité à me concentrer ici qu'au bureau, pour l'instant, ça me va bien. Je retrouve l’ambiance de mon projet de fin d’études. Le confinement, ça laisse du temps pour faire autre chose. C’est un confort de vie. La fenêtre, avant, je ne m’y attardais pas vraiment, finalement, je la découvre.

On n’a pas de balcon, alors heureusement qu’on a cet espace ouvert. Si j’avais pu, j’aurais approché mon lieu de travail de cette fenêtre.»

Amélie, Voreppe.

le 4 avril