"D'en bas, les jardins sont séparés, mais de ma fenêtre, ça fait un seul et même ensemble. "

« C’est la fenêtre de ma chambre, chez mes parents.
Ça me rappelle quelque chose de mon enfance. C’est une pièce dans laquelle, encore aujourd’hui, j’aime être, dans laquelle je travaille, je dors, je lis, je téléphone, j'écoute de la musique...
La fenêtre est bien orientée, avec une vue dégagée, elle est haute, 1m80, 2m, le soleil rentre.

L’ombre projetée au sol, c’est comme un but, une lumière à poursuivre. Elle n’est pas tout le temps là, plutôt l’après-midi et en fin de journée. Ça ponctue le temps, la vie. Elle est lente, mais jamais palpable. C’est une lumière de l’ouest, je la regarde quand je travaille. Mon bureau est à côté de la fenêtre, l’ombre projetée est derrière moi.
Le cadre, il m'a été offert par mon père, l’oeuvre d’un mathématicien. Ce sont des formes géométriques et un algorithme est à l’origine des couleurs.
Ce cadre est toujours flottant, il a suivi mes déménagements.

Le parquet, c’est trop chouette, il est brut, il craque un peu j’aime beaucoup. Je crois que c’est pour ça que j’aime cette pièce, c’est brut et authentique, c’est le cas de la maison dans son ensemble, un peu vieille. Il y a une histoire, du vécu, c’est ce que porte ce parquet, les gens qui ont marché dessus, les revêtements successifs, ça marque les années.

Quand j’ouvre la fenêtre, c’est calme, il y a une fontaine chez les voisins, on entend l’eau couler, les oiseaux. Si je me penche, je vois les jardins : je les connais tous, c’est ma nourrice, les amis, c’est un peu la prolongation de notre jardin. D’en bas, les jardins sont séparés, mais depuis cette vue, je les vois dans leur ensemble et ça pourrait faire un seul et même grand jardin.

Je préfère ce coté de la maison, c'est lumineux et je vois le jardin quand je me penche. Quand le repas était prêt, j’ai le souvenir que c’est du jardin qu’on m’appelait. Je me souviens aussi de jeux de ballons, mon frère en bas et moi à ma fenêtre.

En face, il y a cette succession de 10 lucarnes, c’est une image qui me reste. Petits, on allait tout le temps dans la maison en face, dans le grenier. Il y avait une charpente apparente et ce hublot. J’ai des souvenirs de voir ma maison à travers ce hublot. Ça donnait une impression de loin. C’est étrange de voir sa maison, de l’observer depuis l’extérieur. »

Maxime, Abbeville, rue Jean Macé.

le 1er avril