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"La fenêtre, c'est le lien social de notre immeuble."

« C’est la plus grande fenêtre de notre appart’, trois ventaux, c’est là où je pose des jardinières d’herbes à chat, ça fait barrière et c’est l’espace de mon chat, il monte sur la fenêtre parce qu’on n’a pas de balcon.

On voit le parking de notre résidence et une maison de maître, c’est une école de musique, c’est un peu le charme de l’ancien dans un quartier résidentiel, d’immeubles collectifs. Je vois aussi des arbres, dans les nuages, on a le coucher de soleil tous les jours, la vue est dégagée.

Au loin je vois le mur pignon en pierres de Caen, plus loin, je vois des arbres et du vert et une sorte d’entrepôt mais au plus loin tu ne vois que des cimes.

Des couleurs sont apparues, ce ne sont pas les mêmes, il y a un nuancier. Tu vois vraiment les arbres qui sont cachés toute la journée et ceux au soleil.

 

Il y a un parc, une sorte de jardin vert tout autour de chez nous, avec des rivières et des canards.

C’est un carré vert qui permet une distance avec la route qui longe l’Orne. Dans notre résidence, on a des petits accotements verts où on peut s’allonger et jouer aux cartes.

On n’est pas obligés d’aller trop loin pour pouvoir savourer le dehors et le soleil.

 

En ce moment, on regarde pas mal le bas de la résidence, les gens qui passent, on fait un peu les commères. C’est un rapport avec nos voisins où on se côtoie. On se croise beaucoup moins ou de très loin dans l’immeuble depuis quelques temps, alors d’ici on se demande si ça va bien, si on ne s’ennuie pas trop. Notre fenêtre c’est le lien social de notre immeuble, c’est l’occasion de profiter du soleil et de l’ouverture avec nos voisins. C’est comme ça, spontanément, quand chacun rentre de ses courses.

A la fenêtre, j’y suis quand même beaucoup plus. Avant je me posais dans mon canapé, je regardais le ciel, maintenant je me lève vraiment je m’approche et je regarde vers le bas même si moi dans la vie je regarde toujours devant, l’horizon, la skyline... Là, je plonge vers le sol et je regarde le parking, le « en bas ». J’ai plus un rapport vers l’humain, le sol.

On voit, il y a une chronologie dans la journée : le matin, ça tourne, il y a beaucoup de bruits avec les voitures et la route, les gens vont travailler. Le midi, tout le monde se met à manger, il y a des barbecues, des fumées des gens que tu vois dans les jardinets et l’après-midi, c’est calme.

 

C’est agréable de travailler chez soi, si j’avais une box et un bureau en plus ce serait bien.

Là, je travaille dans le même espace que là où je me détends et il y a une confusion d’usage, j’ai du mal à séparer les deux.

Avant, dans l’ancien appart’, j’avais vraiment la différence entre les deux : pas besoin de ranger, déplacer, devoir faire attention aux choses : quand je travaille, le chat peut monter sur le clavier, on peut taper dans la table et renverser mon verre à côté de mon clavier.

Même pour mes travaux de création et de couture, quand je travaille là, j’ai une phase où je range.

On a également une chambre d’amis et d’ordinaire on ne travaille pas dans la salle, mais mon copain a pris la table dans la chambre d’amis et moi celle qui est pliable dans le salon.

En tous cas, ce confinement, heureusement que je suis avec quelqu’un, je n’aurais jamais pu être toute seule, de toutes façons, j’aurais eu mon chat… Déjà au boulot t’es un peu seul, tu es dans des projets, là c’est bien d’avoir un rapport aux gens. »

 

 

 

Bettina, Mondeville.

le 12 avril