"Sur le balcon, je suis un peu en représentation."

« C’est la fenêtre de ma chambre d’enfant, mon jardin d’enfance, mes jeux d’enfance, les voisins… Ce que je vois de ma fenêtre, c’est aussi le portail, le bout de mon jardin, et surtout je me demande toujours si j’arriverai à aller là bas..., au bout du regard.

Ici, les paysages ont été complètement réaménagés, avant c’était des champs. Mon lotissement est là depuis plus de 10 ans, mais à côté, ça a poussé comme des champignons. Les débuts d’un lotissement, c’est toujours gênant, il n’y a pas de limite. Nous, on a des plantes qui protègent notre intimité, qui font que c’est chez nous. Les lotissements, c’est très distant, chacun vit sa vie, et en même temps, on est très proches. C’est un village dortoir ici. Il n’y a pas de vie de quartier : pour les garçons c’est le foot et pour les filles la gym. Si tu n’entres pas dans ces catégories… tant pis pour toi ! Les gens aiment les plantes, il y a une vraie prégnance du végétal en lotissement, mes parents aussi ont beaucoup planté. C’est une espèce d’idéal de la campagne, mais ces plantes ne sont pas là depuis 300 ans !

J’ouvre la fenêtre en journée, mais en ce moment, on entend des gamins qui hurlent à la mort, on est obligés de se barricader à l’intérieur, pour se préserver. Du coup, on ouvre le soir. J’aime bien laisser ouvert en fin de journée, entendre les bruits du dehors et voir les lumières.
Je ne tire pas les volets, même quand je suis à Nantes, je laisse mon store ouvert. Se réveiller avec le soleil, c’est une sacrée chance, voir la vie qui s’anime.


A Nantes, la fenêtre fait 2m50 sur 2m, elle donne sur un balcon et elle me permet d’être au lit et de voir dehors. J’ai ce rêve américain d’être assise à la fenêtre, avec mon chat et de regarder par la fenêtre, avoir un petit coin lecture… Pouvoir m’allonger à ma fenêtre et voir ce qui se passe dehors c’est super ! Là, je suis obligée de me mettre par terre, c’est moins stylé!
A Nantes, si je vais sur le balcon, les gens peuvent me voir, alors je ne suis plus dans l’appartement, ce n’est plus vraiment chez moi. Sur le balcon, je suis un peu en représentation. C’était pareil dans le jardin les premières années. Les gens se protégeaient de nous et nous d’eux, dès que que les plantes ont poussé, chacun était chez soi, même dans le jardin.

En bas, dans la salle, mes parents ont un très grand bow window dans le salon, ça donne l’impression d’être dehors tout en étant dedans. On peut regarder un écran, on peut lire, se poser, c’est quelque chose de modulable.

Avec le confinement, tout prend plus de temps. Le fait de travailler chez moi… j’assume un peu moins les visioconférences... J’ai dû faire des changements dans ma chambre pour avoir le soleil pour avoir une meilleure vue sur le dehors, avoir plus de lumière. J’ai ramené tout mon matériel, alors les choses sont un peu entassées et beaucoup de choses me manquent, notamment les grands espaces de travail pour pouvoir tout laisser sur la table... par contre, je n’ai pas toute l’intendance ! »

Eileen, Cheix en Retz.

le 16 avril