"Je n’ai jamais de moments toute seule, mais ça m’arrive de me poser sur mon balcon."

« C’est la fenêtre de la cuisine.

J’y suis assez souvent, avec les enfants, je passe du temps à cuisiner.

 

Cette fenêtre, je l’aime bien parce que j’ai un balcon dans la salle et quand mon chéri ou des amis fument, ils se mettent dessus. Moi, je suis un peu frileuse, et je ne fume pas, alors je me mets à la fenêtre de la cuisine, j’ai moins froid que sur le balcon et je peux continuer à discuter avec eux. Le soleil est très rarement là, il y a du vent.

 

Je regarde mes fleurs, il y en a pas mal et puis on plante des choses : des tomates, des fraises, des petites plantes qui meurent l’hiver et qui revivent l’été. Les tomates j’ai du mal… pas assez de soleil, par contre les fraises nickel, des bonnes grosses fraises.

 

Je n’ai jamais de moments toute seule, mais ça m’arrive de me poser sur mon balcon, j’ai mis des sièges juste devant la fenêtre. Dès fois, ça fait du bien, je profite de ce mini peu de soleil qu’il y a, c’est un tout petit soleil, mais il est bon. Profiter du soleil, ça fait du bien. Toute la journée, il y a de l’ombre, ça nous réchauffe le cœur, encore plus en ce moment. Quand je vois le soleil, je suis tellement contente, ça fait du bien et on essaye de penser à autre chose.

Le confinement c’est très très très compliqué. Moi qui avais l’habitude de sortir avec mes 4 enfants, de leur trouver des activités… là, c’est dur, le fait de rester enfermés, ils s’ennuient, ils en ont marre. J’essaye de les faire sortir une heure, histoire de se dégourdir, sinon, tout le monde s’embrouille, ça se prend la tête. Quand je vois que ça commence à péter, on sort, je le sens quand ça monte. Alors, allez ! hop ! On va faire un tour.

Je fais beaucoup de choses manuelles, j’ai acheté une plastifieuse, pour que ce soit réutilisable, le papier il en faut des tonnes et des tonnes pour les devoirs, ça coûte.

 

Ce qui a changé aussi avec le confinement, c’est qu’on ne mange pas pareil. J’ai gardé le rythme des heures, même si parfois on n’arrive pas à dormir. Avant, on mangeait de la viande, des pâtes, des pique-niques, du poulet tout ça, là avec le confinement, c’est rare. Je ne trouve pas tout ce que je veux. Alors on mange plus des frites avec des hamburgers, j’essaye de faire plus de légumes, des salade froides. On mange aussi beaucoup de poisson.

Et puis surtout, il y a le stress du microbe, moi j’ai grossi, j’ai tout le temps mal au ventre, j’ai peur que mon conjoint l’attrape, ma mère, mes enfants. Au début, je rigolais de ce truc-là et au fil du temps… J’ai peur pour mon entourage... mon bébé.

 

Ma fenêtre, elle est tout le temps ouverte. Je déteste quand les fenêtres sont fermées, ça m’étouffe.

Il y a les immeubles, mais on voit surtout la nature, on entend les oiseaux chanter, c’est calme, on a l’impression d’être à la campagne. J’ai des arbres de la fenêtre de ma chambre, on peut les toucher, on voit les nids des oiseaux. Je vois des hérissons parfois. »

 

Samantha, Le Havre, rue Charles Victoire.

Le 9 avril