"J'aime bien le calme, le calme de la ville... J’aime bien entendre les tondeuses, les marteaux-piqueurs, les voitures."

« C’est la fenêtre de ma salle.
C’est la vue la plus agréable, de l’autre côté j’ai un immeuble.
En ce moment, ma vue va bien avec les circonstances actuelles... j’ai le cimetière en face ! C’est sûr, ce ne sont pas des voisins bruyants... mais c’est glauque. Ça m’a freinée quand on m’a proposé l’appartement. Après, on apprend à vivre avec. Le fait de savoir qu’il y a des morts et notamment des personnes que l’on connaît, ce n’est pas agréable. Et je me rends compte que la vue est vraiment prenante sur le cimetière, ça attire le regard même involontairement. Quand il y a des enterrements, on voit les voitures monter, les gens qui suivent derrière, c’est triste. Dès qu’il fait nuit, j’évite au maximum de regarder vers le cimetière, voir les feux-follets qui survolent les tombes… c’est pas trop mon truc...

Derrière le cimetière il y a le bois des 7 ponts. Le train y passe tous les jours, à la même heure. Il klaxonne, ça, mon fils aime bien.
Sinon, j’entends beaucoup les voitures. La route est très passante. Ça me manque. Sans ces bruits, ça fait ville morte, déjà que Fécamp ce n’est pas très très vif…

A ma fenêtre, de l’autre côté j’ai la ville. J’aime bien la vue de ce côté, surtout la nuit.
Quand je fume ma cigarette je regarde au loin. Je vois les éoliennes, c’est la liberté : et je sais que là où elles sont, la vue sur la mer, la digue, le port est super sympa. Et puis les chemins pour y aller c’est très agréable, on appelle ça la route du Cap, on part du Ramponneau à pieds, on met 3 heures, alors quand on arrive là-haut, on a envie de goûter !
Fécamp, c’est une belle ville et comme le Ramponneau c’est en hauteur, je vois tout le centre-ville et même l’avenue Jean Lorrain. Le fait d’avoir une vue plongeante, c’est bien, mais le Ramponneau, ça reste le Ramponneau.
Moi, je me sens bien ici ; surtout depuis les travaux. Avant, ça ne me tenait pas à cœur. C’est plus calme, plus agréable, plus propre. J’apprécie particulièrement les jeux pour enfants, comme je suis mère de famille, c’est important. Depuis les travaux je me balade plus sur le quartier, surtout en ce moment où on n’a le droit qu’à 1 kilomètre.

Au fond du Ramponneau, il y a « le Grand Parc du Ramponneau ». Ils ont installé des jeux de poutre, des tables de pique-nique, des poubelles. J’aime bien y aller, en fait ça dépend du monde qu’il y a Botanica. Il y a l’école du Parc, mes enfants y sont allés, mon conjoint aussi. Il est au Ramponneau depuis toujours. Moi, je suis arrivée quand j’étais en CM2, je n’en suis jamais partie. J’ai fait les 4 coins du quartier, d’abord avec mes parents et ensuite comme adulte.
Il y a un coin très calme : le Val de Bucaille, avec beaucoup de personnes âgées. Au milieu, c’est un peu moins calme… et puis le coin où je suis et là… il n’y a rien…. En plus, on a cette vue sur le cimetière. Mais j’aime bien que ce soit calme, le calme de la ville... J’aime bien entendre les tondeuses, les marteaux-piqueurs, les voitures. Enfant, j’habitais dans le centre-ville de Fécamp, une petite maison de pêcheur et je jouais sur le bord du trottoir. Je suis habituée à vivre au bord de la route.

Le confinement, c’est long, long, long. Les copains, la famille manquent; moi, mon père me manque beaucoup et puis le fait de n’avoir qu’une heure de sortie. Heureusement, tous les soirs à 20h, tout le monde applaudit, et ça, c’est super sympa. Moi, j’applaudis et selon les musiques je chante. C’est important pour moi de remercier le personnel soignant, mais aussi les éboueurs, la ville qui tond la pelouse… tous ceux qui permettent que ça continue à fonctionner.»

 

 

 

Laura, rue d'Anjou, Fécamp

Le 28 avril